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«Guide de survie familiale - Survie en milieu extérieur»


Je m’en suis expliqué, je ne quitterai mon univers de vie urbaine qu’en cas d’extrême situation (j’ai deux cours et un jardin de 100 m2 et je préfère encore construire une abris de fortune sur mon terrain).

Toutefois, je ne renie pas l’idée d’une évacuation indispensable. Aux quatre coins du monde, sur des terrains urbains ou nature, j’ai vécu professionnellement des évacuations et de la survie en milieu précaire. C’est volontairement que j’ai choisi un texte d’un survivaliste et que je n’ai pas écrit mes connaissances. Pourquoi ?

  1. -Lors d’interventions (qui vont de l’inondation, le tremblement de terre, un conflit armé ou la famine ...), je ne suis pas la victime mais un sauveteur.

  2. -J’agis avec des moyens coordonnés, organisés, du matériel professionnel ...

  3. -Mes déplacements sont généralement aériens, terrestre mécanisé (camion, jeep, ...) ou nautiques. Rarement de longs déplacements à pied.

  4. -Je n’ai pas le temps de pratiquer des stages en milieu nature, et même si j’ai appris des milliers de choses sur le terrain, j’en ai retenu la principale : je n’ai jamais connu deux situations de catastrophes identiques.

Je tiens toutefois à insister sur le fait que j’ai rarement vu des humains qui se transforment «en zombies» qui tuent pour boire ou manger en volant son voisin. Hormis des situations de famine extrême avec des populations sans ravitaillement extérieur depuis des mois, où il a fallut imposer de l’ordre, je n’ai jamais vu des groupes de personnes se battre ou tuer pour de la nourriture.

En revanche, il y a toujours des bandes de pillards. Mais rien de neuf et rien à voir avec une situation de catastrophe. Ce sont les mêmes truands et petits caïds qui volent, agressent ou tuent par des temps normaux.

J’ai lu aussi des textes de «survivalistes extrêmes». Ils avaient des préjugés sur l»les pauvres» ou des personnes immigrées. Je réponds à ceux-là : les pauvres ont déjà inclus les techniques de survie dans leur vie. Les immigrés ont connus la guerre, ou une vie de pauvreté, ou d’avoir leur vie en danger. L’occident (Europe et Amérique) est bien la dernière ethnie en terme de préparation de survie. Nous ne savons faire qu’une chose : «brailler contre les secours et les autorités». Mais j’ai connu des villes ou villages touchés en Europe par des feux ou des inondations : j’y ai constaté beaucoup de solidarité entre habitants et voisins ! Pour les «chasseurs de zombies» : vous avez compris ma position.

SURVIE EN MILIEU EXTERIEUR


1. Abris

L'abri parachute

Il consiste à jeter un parachute (ou tout autre pièce de tissu du genre) sur une corde tendue entre deux arbres.

L'abri de chaume

(Charpente en A). Ici, on recouvre une charpente, en forme de A, d'une épaisse couche de chaume, de feuilles, d'écorces ou d'herbages. Commencez la toiture par le bas, comme pour le bardeau. Vous obtiendrez un abri idéal qui pourra vous protéger de la pluie.

L'abri appentis (abri ordinaire en bois)

Cet abri doit être construit là où il est possible d'allumer un grand feu, en tenant compte des vents prédominants. Pour plus de chaleur et de confort, placez près du feu un écran réflecteur fait de bûches de bois vert. De grosses pierres serviront aux mêmes fins.

Le "Parateepee"

C'est une tente que l'on peut construire facilement à l'aide d'un parachute et de quelques bonnes perches mesurant de 3,5 à 4,5 m de longueur. Cet abri offre une excellente protection contre les insectes et l'humidité. On peut y faire la cuisson, manger, dormir et s'y reposer, et même envoyer des signaux sans avoir à en sortir.

L'abri sous les saules

Pour avoir un abri sous les saules, il suffit de courber et de relier ces arbres très flexibles en un point suffisamment élevé, de manière à obtenir une charpente assez grande pour accommoder un homme et son équipement. Recouvrez ensuite cette charpente de tissu ou d'étoffe. Placez l'ouverture à angle droit par rapport aux vents prédominants. Retenez les rebords de la couverture avec de la terre et de la neige afin d'empêcher le vent de souffler sous la tente.

L'abri sous les branches

On taille un tel abri sous un arbre abattu. Si les branches ne réfléchissent guère la chaleur d'un feu et protègent mal de la pluie, elles servent, tout de même, d'abri temporaire.

Le tronc d'arbre et l'abri appentis

Il s'agit d'appuyer diagonalement de longues perches contre un gros arbre abattu et d'y bâtir une toiture de feuillage. Cet abri ne saurait être permanent.

Les cavernes ou les grottes

Lorsqu'il est possible de vous bâtir un abri, évitez ces endroits. En cas de danger, on ne s'en échappe que difficilement. De plus, si vous y allumez un feu, les risques d'empoisonnement par oxyde de carbone sont très élevés. Enfin, les grottes peuvent s'effondrer ou se fermer sous un éboulis.

Tâchez de repérer un endroit élevé et dégagé, assez loin des marécages, mais pas trop éloigné d'une source ou d'un cours d'eau. ...Les moustiques y sont plus rares, le sol plus sec et l'air plus salubre. En montagne, dans la jungle, les nuits sont froides. Évitez les lits déssèchés des rivières car ils peuvent, en quelques heures, être inondés par des pluies pourtant tombées très loin de votre emplacement.

Assurez vous de retrouver dans l'emplacement:

Protection contre les insectes

Protection contre les ennemis

Visible du haut des airs

Être protégé des averses et de toute humidité


2. Lit

Ne dormez pas sur le sol nu. Dans votre abri, construisez un lit confortable qui puisse vous isoler du froid et de l'humidité. Là où vous placerez le lit, faites d'abord un feu pour assécher et réchauffer le sol. Si vous disposez d'un parachute, étendez-le sur une couche de feuillages ou de fougères, ou encore, utilisez-le comme hamac. Débarrassez les branches des insectes et des parasites.Pour faire un lit de branches, fichez ces dernières en terre (à 20 cm environ les unes des autres), en les inclinant toutes dans la même direction. Ceci fait, recouvrez-les de branches plus fines.

3. Eau

Il est essentiel de boire de l'eau pour survivre. Un homme inactif peut se passer d'eau durant 10 jours par une température de 10°C. Il résistera pendant 7 jours si le mercure indique 32°C et il ne vivra guère plus de deux jours si la chaleur atteint 50°C. Au-delà de ces limites, le corps se déshydrate et la mort rôde. L'eau demeure le seul remède à la déshydratation. Dans une situation de survie, il est donc essentiel de veiller à vous en assurer un approvisionnement suffisant.


Il faut mentionner que la soif n'indique pas toujours un besoin d'eau. Il arrive souvent, particulièrement en régions froides et même en travaillant dur, qu'on ne se sente aucunement ennuyé par une déshydratation partielle.

Parmi les facteurs qui déterminent la quantité quotidienne minimum d'eau requise, il faut d'abord considérer le climat, la température et les activités physiques. Dans une situation de survie, la disponibilité et l'accessibilité de l'eau deviennent des priorités. Quand l'eau abonde, buvez à intervalles réguliers et fréquents, et en petites quantités à la fois (1/2 litre).

Quelle que soit votre soif, ne buvez pas d'eau non potable. Les maladies venant de l'eau constituent une des plus grandes menaces à la survie. Faites bouillir l'eau durant au moins une minute ou ajoutez-y des comprimés propres au traitement des eaux.

Au nombre des maladies transmises par absorption d'eau non potable, mentionnons:


La dysenterie

Cette maladie cause une diarrhée générale, pénible et prolongée, accompagnée de selles sanglantes et de faiblesse. Si vous croyez souffrir de diarrhée, mangez fréquemment et buvez, si possible, du lait de noix de coco, de l'eau bouillie ou du jus d'écorce bouillie. Le lait de noix de coco étant un laxatif, il faut le boire à petites doses. Le riz bouilli est fortement recommandé.

Le choléra et la typhoïde

Même avec le vaccin, vous demeurez vulnérables à ces maladies si vous ne prenez garde à l'eau que vous buvez.

Les douves

Les douves prolifèrent en eaux stagnantes et polluées, surtout dans les tropiques. Lorsqu'on les avale, elles s'infiltrent dans le sang et provoquent des maladies douloureuses et souvent mortelles. Ces vers parasites pénètrent même dans le corps à travers l'épiderme. Il ne faut donc pas marcher ou se baigner dans des eaux contaminées.

Les sangsues

Les petites sangsues foisonnent plus particulièrement dans les cours d'eau africains. Lorsqu'on les avale, elles s'agrippent aux parois de la gorge et à l'intérieur du nez, y suçant le sang et causant des blessures. Ces parasites se déplacent et chacune des nouvelles plaies ouvrent, toute grande, la porte à l'infection: Dégagez-vous le nez le plus rapidement possible en reniflant de l'eau salée à forte concentration ou enlevez les parasites avec des pinces improvisées.

Si après de multiples tentatives, vous n'aviez pas réussi à trouver de l'eau potable, vous pourriez alors boire de cette eau ...

Pour nettoyer et purifier l'eau boueuse:

¥Laissez-la reposer durant 12 heures

¥Faites-la circuler à l'intérieur d'un bâton de bambou mesurant environ 1 mètre de longueur, que vous aurez rempli de sable et dont le bout sera bourré d'herbages

¥Versez l'eau dans un linge rempli de sable. Faites bouillir l'eau polluée et ajoutez-y du charbon de bois afin d'en enlever les odeurs. Ensuite, laissez-la reposer durant 45 minutes avant de la boire.

¥Quand il n'y a pas d'eau en surface, tirez-en de la nappe phréatique (constituée d'eau de pluie ou de neige fondue imbibant le sol). L'accès à cette source d'eau pure dépend du profil et de la qualité du sol.


Dans les sols rocheux

L'eau désagrège facilement le calcaire et y creuse des cavernes qui recèlent sources et suintements.

À cause de sa porosité, la lave retient beaucoup d'eau. Vous trouverez des sources le long des vallées qui traversent d'anciens écoulements de lave.

Quand un canyon déssèché coupe à travers une couche de grès poreux, il y a là de l'eau qui suinte sur ses parois. Dans les régions riches en granit, creusez un trou dans l'herbe verte et vous y verrez surgir de l'eau.

Dans les sols mous

L'eau y est ordinairement plus abondante et plus facile à découvrir que dans les sols rocheux.
Les nappes phréatiques font souvent surface dans les vallées et sur leurs pentes. Les sources et les suintements se tiennent au-dessus de la ligne des hautes eaux des rivières, après le retrait de celles-ci.
Avant de creuser pour trouver de l'eau, essayez de découvrir les signes qui en indiquent la présence. Le fond d'une vallée au pied d'une pente raide, un coin de verdure ayant abrité une source à la saison des pluies, une forêt basse, le rivage de la mer et les plaines, voilà autant d'endroits où le niveau hydrostatique repose sous la surface. Il n'est pas nécessaire d'y creuser profondément pour puiser de l'eau.
Au-dessus du niveau de la nappe phréatique, il y a des ruisseaux et des marais. Ces eaux sont contaminées et dangereuses même lorsqu'elles se situent très loin de toute habitation.

Le long de la côte

Au bord de la mer, on peut trouver de l'eau dans les dénivellations entre les dunes, en creusant dans le sable humide. Sur la plage, à marée basse, faites des trous dans le sable à environ 30 m au-dessus de la ligne atteinte par la marée haute. Cette eau, quoique saumâtre, demeure suffisamment potable. Passez-la tout de même à travers un filtre de sable afin d'en adoucir le goût salin.
Ne buvez pas l'eau de mer. La concentration de sel y est si forte qu'elle extirpe tous les fluides de l'organisme et gêne le bon fonctionnement des reins.

Sur les montagnes

Creusez dans les lits déssèchés des ruisseaux, car l'eau s'y cache souvent sous le gravier. En terrain enneigé, faites fondre de la neige dans un récipient que vous placerez en plein soleil et à l'abri du vent. Pour creuser, à défaut d'un équipement adéquat, utilisez des pierres plates et des bâtons.

4. Le feu

Il faut un feu pour se réchauffer, se tenir au sec, signaler sa présence, faire la cuisson et purifier l'eau en la faisant bouillir. Le temps de survie sera plus ou moins long selon votre habileté à bâtir un feu au bon moment et au bon endroit.


Avec des allumettes, il est possible de faire un feu sous n'importe quelles conditions atmosphériques. En régions inhabitées, ayez toujours sur vous une bonne provision d'allumettes que vous garderez dans une boîte métallique. On imperméabilise les allumettes en les recouvrant d'une couche de vernis à ongles ou de paraffine (il suffit de la faire fondre et d'y plonger les allumettes une à une).

Les petits feux se font et se contrôlent plus aisément que les gros. Plusieurs petits feux placés en rond autour de vous vont mieux vous réchauffer qu'un seul grand feu.


Choisissez-en prudemment l'emplacement afin de ne pas incendier la forêt.' Quand vous devez allumer un feu sur le sol mouillé ou sur la neige, construisez d'abord une plate-forme à l'aide de rondins ou de pierres. Entourez le feu d'un écran protecteur qui dirigera la chaleur dans la direction désirée. Les branches et les arbres morts et desséchés vous serviront de combustible. À l'intérieur des troncs d'arbres déjà abattus, on trouve du bois sec, même par temps humide et pluvieux.

En région déboisée, vous utiliserez des herbes, de la fiente séchée, du gras d'animal et, quelquefois, même du charbon, de l'huile de schiste et de la tourbe. Lorsque vous vous trouvez à proximité d'un avion écrasé, n'oubliez pas qu'un mélange fait d'essence et d'huile constitue un excellent combustible mais que son usage requiert de la prudence. Si presque toutes les plantes alimentent bien un feu de bois, n'utilisez tout de même pas les plantes toxiques au toucher, telles l'herbe à puces ou le chêne vénéneux. Quand ces plantes brûlent, leur poison se dégage avec la fumée.

Pour allumer un feu, rien de mieux que des petits fagots qui s'enflamment vite, ainsi que des brindilles de bois sec, des noeuds de pin, des écorces, des baguettes, des feuilles de palmier, des aiguilles de pin, des herbes desséchées et rigides, du lichen, des fougères et des filets secs et poreux de vesses-de-loup (ces dernières sont comestibles). Le bois complètement pourri des arbres morts constitue un excellent allume-feu. On peut même l'utiliser par temps pluvieux, en le débarrassant de ses parties pâteuses et détrempées. Même mouillé, le brai résineux des noeuds du pin ou des souches desséchées s'enflamme aisément. L'écorce se détachant des bouleaux contient également une huile résineuse très inflammable.

Disposez ces allume-feu en forme de wigwam ou de pyramide, afin d'alimenter le feu plus généreusement en oxygène. Pour les protéger du vent, recouvrez de cendre et de terre les tisons et la braise. Il est moins fastidieux de nourrir le même feu que d'en bâtir un nouveau.

Sur les glaces polaires et dans les autres régions où le combustible est rare, on peut faire un feu avec du blanc de baleine ou du gras d'animal.

Avant d'entreprendre d'allumer un feu sans allumettes, préparez d'abord de l'amadou très sec que vous placerez à l'abri du vent et de l'humidité. Bois pourri, charpie de vêtements, cordes et ficelles, feuilles de palmier mort, écorce sèche et brisée, poudre de bois que font les insectes sous l'écorce des arbres morts, et revêtements intérieurs des nids d'oiseaux sont autant de bons amadous que vous conserverez dans une boîte étanche.


Le soleil et la lentille

Pour concentrer les rayons du soleil sur l'amadou, on peut utiliser la lentille d'un appareil photographique, celles d'une paire de jumelles (les grosses lentilles convexes), celle d'un télescope ou d'une lampe de poche.

La pierre et l'acier

Voilà la meilleure méthode d'enflammer l'amadou très sec quand on ne dispose pas d'allumettes. À défaut de pierre à briquet, utilisez une pierre très dure. Tenez celle-ci le plus près possible de l'amadou et frappez-la avec la lame d'un couteau ou tout autre objet en acier. Frapper en mouvements descendants pour que les étincelles jaillissent au centre de l'amadou. Quand le feu commence à couver, attisez-le de votre souffle puis, peu à peu, ajoutez le combustible. Lorsqu'une première pierre ne produit pas d'étincelle, essayez avec une autre.

Le bois et le frottement

Cette méthode d'allumer un feu n'étant guère facile, ne l'employez qu'en dernier ressort.

L'arc à roulement

Avec une branche courbée, faites un arc à l'aide d'un lacet de chaussure, d'une corde ou d'une lanière. Enroulez la ligne autour d'une baguette de bois mou et sec que vous ferez pivoter entre une planche de bois dur très sec posée sur le sol et un bloc placé dans le creux de votre main. Vous obtiendrez, ainsi, une poudre noire qui s'enflammera peu à peu.

Une fois le feu bien amorcé, retirez votre arc et ajoutez du combustible.

La lanière

Utilisez un bout de jonc ( d'environ 60 cm de longueur) et un bâton sec ou une petite branche. Pratiquez une fente sur une des extrémités du morceau de jonc que vous appuierez ensuite sur une pierre. Maintenez cette fente ouverte en y introduisant un petit coin (pierre ou pièce de bois.) Placez un tampon d'amadou sous la planche. Entre celle-ci et l'amadou, passez une lanière que vous ferez vivement glisser contre le jonc en faisant des mouvements de scie (voir ill. 6-6). Ce faisant, retenez la planche avec votre pied.

Le mouvement de scie

Il s'agit de prendre deux morceaux de bois (bâtons) et de les frotter vigoureusement l'un contre l'autre avec un mouvement de scie. On emploie souvent cette méthode dans la jungle. En guise de scie, on utilise du bambou fendu ou toute espèce de bois mou. Le bois de support doit être très sec. Le frottement se fait au-dessus d'un bon allume-feu

5. La chasse

La lance constitue l'instrument de chasse le plus simple qui soit. Vous pouvez fabriquer une fronde à l'aide d'un matériau élastique et d'une branche souple et fourchue. De gros cailloux vous serviront de munition. La fronde est une arme efficace pour le petit gibier.

Si vous en avez le temps et la possibilité, essayez de façonner un arc et des flèches. Vous obtiendrez ainsi une arme versatile et très efficace.

Comment trouver le gibier

Le secret d'une chasse fructueuse consiste à voir l'animal avant qu'il ne vous aperçoive. Chassez tôt le matin ou au crépuscule et cherchez les pistes, les sentiers, l'herbe piétinée ou la fiente qui vous indiqueront la présence toute proche d'un animal. Lorsque vous approchez d'une crête, d'un lac ou d'une clairière, ralentissez et regardez d'abord au loin, puis plus près de vous. En général, il est bon d'appliquer les principes militaires de déplacement et de camouflage.

Chasser n'est pas une mince tâche, même pour un homme des bois très averti; voilà pourquoi, comme débutant, vous devez redoubler d'attention. Tenez-vous là où les animaux devraient venir (sentiers et pistes, sources d'eau ou pâturages). Soyez à l'affût et restez à l'abri du vent afin que le gibier ne puisse renifler votre présence. Ne bougez pas, et attendez que l'animal soit à portée de votre tir.

Quand vous traquez un animal, déplacez-vous face au vent. Avancez lentement et sans faire de bruit et ne bougez que lorsque l'animal se nourrit ou qu'il regarde dans la direction opposée. S'il se tourne vers vous, restez immobile.

C'est par la vue, l'ouïe et l'odorat que les animaux détectent le danger. Les oiseaux voient et entendent exceptionnellement bien, mais l'odorat leur fait défaut. Vous les attraperez plus facilement au printemps et au début de l'été puisqu'au cours de cette période, ils ne s'éloignent guère de leurs nids. Ils nichent dans les arbres, sur les branches, dans les falaises et les marais. Observez régulièrement leur allers et retours sur un même trajet et vous pourrez localiser leurs nids.

Tendre des pièges

Pour tendre des pièges avec succès, vous devez d'abord décider du genre d'animal que vous désirez prendre et savoir comment celui-ci réagira. Vous devez également être capable d'utiliser les appâts appropriés.

Rongeurs et lapins se piègent aisément. Les habitudes des petits mammifères ne varient guère et leur champ d'activités est très restreint. Repérez leur emplacement ou leur piste, puis appâtez et tendez un piège.

Quelques conseils

¥Pour attraper un mammifère vivant au creux d'un arbre, essayez d'introduire à l'intérieur de sa cachette un bâton fourchu que vous ferez pivoter de manière à pouvoir agripper la peau de l'animal. En le retirant de son abri, exercez constamment une pression sur le bâton.

¥Utilisez la fumée pour faire sortir les animaux de leur cachette, puis tendez-leur un piège ou assommez-les au passage.

¥Appâtez un hameçon avec un vairon et laissez-le porter près de la surface de l'eau. Les goélands, les corneilles et d'autres oiseaux du genre viendront s'y prendre.


6. La pêche

Vous choisirez le meilleur endroit selon les eaux et l'heure du jour. Dans un cours d'eau rapide et en pleine chaleur du jour, essayez les mares profondes situées en bas des rapides. À l'approche du soir ou tôt le matin, tendez votre appât près des bûches submergées, sous les talus et les buissons surplombant la surface de l'eau. Sur les lacs, pendant les chaleurs d'été, pêchez en profondeur. Durant la saison chaude, le soir et au petit matin, pêchez en eaux peu profondes.


Généralement, les poissons mordent aux appâts que vous trouvez dans les eaux environnantes. Au bord de l'eau, cherchez des insectes aquatiques et des vairons; sur la rive, des vers et des insectes terrestres. Quand vous attrapez un poisson, ouvrez-le, voyez ce que son estomac contient et choisissez des appâts de même nature. Si ces derniers se révèlent inefficaces, utilisez, aux mêmes fins, les yeux et les intestins du poisson attrapé. Si des vers vous servent d'appât, il doivent couvrir la pointe de l'hameçon pour mieux tromper le poisson. S'il s'agit de vairons, gardez-les vivants et amorcez-les par le dos, la queue ou les lèvres. Lorsque vos appâts ne sont pas vivants, ne les enfoncez pas trop dans l'hameçon. Vous pouvez fabriquer des leurres artificiels avec des chiffons de couleurs vives, des plumes ou du métal brillant imitant des vairons blessés.


Si vous ne disposez pas d'hameçons, fabriquez-en à l'aide d'insignes, d'épingles, d'os, ou de bois franc. Des fibres d'écorce ou de tissus tordus vous serviront de ligne. Prenez des fibres d'arbres ou de vignes et faites un noeud aux extrémités des deux longueurs que vous tournerez l'une sur l'autre dans le sens des aiguilles d'une montre tout en les entrecroisant en sens opposé. Pour rallonger la ligne, ajoutez autant de fibres que nécessaire.


S'il s'agit de poissons très lourds, utilisez, si possible, des cordes de parachutes. Des clous peuvent aussi servir d'hameçons. Parfois, il demeure impossible d'attraper le poisson même avec un équipement des plus sophistiqués. Ne vous découragez donc pas; recommencez plus tard dans la journée ou essayez une autre méthode le lendemain.

Les lignes de fond constituent une méthode pratique pour pêcher le poisson lorsqu'on s'installe pour quelque temps au bord d'un lac ou d'un cours d'eau. Au bout d'une ligne, attachez plusieurs hameçons accompagnés d'un poids approprié. Appâtez les hameçons et suspendez la ligne à une branche basse et souple qui pliera mais ne cassera pas quand le poisson viendra s'y prendre.


Tant et aussi longtemps que vous demeurez dans les parages, gardez cette ligne dans l'eau et vérifiez-la régulièrement pour en retirer le poisson et appâter à nouveau votre ligne.

La "brochette"

La "brochette" fait un excellent hameçon pour la ligne de fond. Il s'agit tout simplement d'une amorce de bois ou d'os, au centre de laquelle ta ligne sera retenue. Immergez cette amorce parmi plusieurs hameçons. Lorsque le poisson l'avalera, elle basculera et s'agrippera à l'intérieur de son estomac.

C'est là une excellente façon de pêcher sur la berge des petits cours d'eau ou encore dans les flaques peu profondes que laisse la mer en se retirant (n'utilisez pas cette méthode dans les eaux recélant des serpents venimeux ou des poissons électriques). Plongez vos mains dans l'eau jusqu'à ce qu'elles en atteignent la même température et promenez-les lentement au fond tout en remuant légèrement les doigts. Lorsque vous touchez un poisson, passez doucement votre main le long de son ventre jusqu'à ses branchies, puis saisissez-le fermement. S'il s'agit d'un poisson-chat, prenez garde à ses piquants dorsaux et pectoraux.


Dans les rapides, particulièrement au nord des États-Unis où le saumon abonde, on peut littéralement jeter les poissons hors de l'eau en les frappant avec la main. D'ailleurs, les ours n'en font-ils pas autant?


Qu'il s'agisse de poissons d'eau douce ou d'eau salée, il faut beaucoup de temps pour les piéger, surtout lorsqu'ils se déplacent par bancs. Dans les lacs et les grands cours d'eau, le poisson s'approche des berges et des hauts-fonds le matin et le soir. Les poissons de mer voyageant par bancs très vastes, approchent du rivage avec la marée montante. Souvent, ils se déplacent parallèlement à la grève, ou se cachent autour des obstacles.


Le piège à poissons se compose d'une enceinte dont l'ouverture dissimulée prend la forme d'un entonnoir. Le temps et les efforts requis pour construire un tel piège dépendent de votre besoin de nourriture et de la durée de votre séjour au même endroit.


Près de la mer, c'est à marée haute que vous choisirez l'emplacement de votre piège, et c'est à marée basse que vous le construirez. Sur un rivage rocheux, utilisez les étangs naturels qui se forment dans les anfractuosités du roc. Dans une île de corail, ces étangs (qu'ils soient à l'intérieur ou sur les récifs) serviront aux mêmes fins, si vous en bloquez les ouvertures alors que la marée se retire. Sur les rives sablonneuses, utilisez les bancs de sable et leurs fondrières.


Le piège comprend un mur bas, fait de pierres ou de pieux, qui s'avance en eau plus profonde et forme un angle avec le rivage.

Refoulez les poissons vers cet angle, et plusieurs iront s'y échouer.


7. La cuisine et la cuisson

Il est important de bien maitriser les techniques de bases de la cuisson de nourriture. En effet, dans ce chapitre vous apprendrez comment bien faire cuire tout ce qui vous passe sur la dent ou presque :).

N'oubliez pas, sans nourriture, votre vie est gravement en danger! 

La cuisson détruit les bactéries et les toxines, donne meilleur goût aux aliments et les rend plus digestibles. Quand la viande est dure, faites-la d'abord bouillir avant de la faire frire ou rôtir. Pour garder aux aliments tous leurs sucs, mieux vaut les faire bouillir. Ainsi, on bénéficie des éléments nutritifs, tels le sel et le gras. Le point d'ébullition ne s'atteint que difficilement en haute altitude. Au-dessus de 3600 mètres, il faut y renoncer.

Les récipients à faire bouillir

Pour faire bouillir de l'eau, on peut utiliser des récipients faits de toile imperméabilisée, d'écorce ou de feuilles. Mais de tels récipients brûlent au-dessus de la surface de l'eau qu'ils contiennent, à moins de les humecter constamment ou de garder le feu très bas. Une moitié de noix de coco encore verte ou une perche de bambou entaillée entre deux cloisonnements (ill. 6-9) servent efficacement aux mêmes fins. Ils ne brûleront pas tant que l'eau n'aura pas atteint son point d'ébullition.

On peut aussi utiliser l'écorce de bouleau ou l'écorce mince de plusieurs espèces d'arbres, à condition qu'il ne s'y trouve aucune fissure. En réchauffant délicatement l'écorce au-dessus du feu, elle s'assouplira.

De même, on peut utiliser les feuilles du bananier après avoir relié les côtés à l'aide d'éclats de bois ou d'épines. On peut encore faire bouillir de l'eau à l'intérieur d'une écope, d'un pot d'argile, ou d'une bûche creusée en y jetant des pierres brûlantes, c'était la technique des Indiens d'Amérique avant qu'ils adoptent les contenants métalliques apportés par les Européens.


Le rôtissage et les grillades

Voilà un moyen très expéditif d'apprêter les plantes sauvages et la chair plus tendre de certains animaux. Il suffit de piquer la viande au bout d'un bâton et de la tenir au-dessus de la braise. La viande ainsi préparée reste juteuse.

La cuisson au four

Une excavation sous le feu, un récipient fermé ou un recouvrement d'argile peuvent servir de four de fortune. Ils doivent permettre une cuisson constante à feu modéré. Pour cuire sous le feu, étendez d'abord au fond de l'excavation des charbons brûlants sur lesquels vous déposerez le récipient contenant l'eau et la nourriture. Recouvrez ce dernier d'une couche de charbon, puis d'un peu de terre. Pour mieux retenir la chaleur, appuyez des pierres contre les parois de l'excavation. Cette façon de cuire vos aliments a l'avantage de protéger votre nourriture contre les mouches et les insectes nuisibles. La nuit, le feu ne produit aucune flamme apparente.

La cuisson à la vapeur

Il n'est pas toujours indispensable d'avoir un récipient pour la cuisson à la vapeur. La technique suivante convient aux aliments requérant peu de cuisson comme, par exemple, les crustacés. Placez la nourriture dans un trou creusé dans le sol, au fond duquel vous aurez déjà placé des pierres brûlantes recouvertes de feuilles. Étendez sur la nourriture une épaisse couche de feuilles à travers laquelle vous planterez un gros bâton. Recouvrez ensuite les feuilles d'un rang de terre bien tassée. Retirez le bâton et, dans le trou ainsi formé, versez de l'eau. C'est là un procédé de cuisson très efficace quoique peu rapide.

Faire griller lentement

Voilà une bonne méthode d'apprêter certains aliments, surtout les graines et les noix. Placez-les dans un récipient métallique et laissez-les roussir lentement. À défaut de récipient, une pierre plate convient parfaitement.

Les ustensiles

Tout ce qui contient du liquide comestible ou de la nourriture (noix de coco, carapace de tortue, coquillage, feuilles, bambou ou écorce), peut vous servir d'ustensile.

Comment apprêter les plantes comestibles

Si vous faites tremper, bouillir, cuire ou "filtrer" vos aliments, vous en améliorez le goût. Votre situation et le genre même de la nourriture disponible, vous indiqueront la méthode la plus appropriée. Les glands ont bon goût quand on les "filtre" (le "filtrage" consiste à écraser de la nourriture et à l'arroser d'eau bouillante à travers une passoire quelconque).

Les herbes potagères

Il faut faire bouillir les feuilles, les tiges et les bourgeons jusqu'à ce qu'ils deviennent tendres. Quelques herbes trop amères requièrent plusieurs changements d'eau durant la cuisson.

Les racines et les tubercules

S'ils cuisent et rôtissent aisément, certains tubercules et certaines racines doivent être bouillis afin d'en éliminer les substances nocives, tel les cristaux d'acide oxalique.

Les noix et les autres fruits à écale

Les fruits à écale se mangent crus, mais quelques-uns, tels les glands ont meilleur goût quand on les écrase et les fait griller. Les châtaignes rôties, cuites à la vapeur ou au four sont délicieuses.

Les graines et les grains

Cuits lentement, ils ont meilleur goût, mais on peut très bien les manger crus ou moulus.

La sève

Par ébullition, vous pouvez déshydrater toute sève contenant du sucre et obtenir ainsi un bon sirop.

Les fruits

Faites cuire au four les fruits durs (à pelure épaisse) et mettez à bouillir les fruits juteux. Beaucoup de fruits se mangent crus.

Avant de griller ou rôtir la viande de tout animal qui serait plus gros qu'un chat domestique, faites-la d'abord bouillir. Il faut faire griller la viande le plus vite possible car sur un feu lent elle durcirait. Les animaux plus gros doivent être débités en plusieurs morceaux. Quand la viande est trop coriace, faite-la cuire en ragoût avec des légumes. Lorsque vous faites cuire la viande au four ou en grillades, utilisez le gras de l'animal si possible. Placez-le sur la viande; la chaleur le fera fondre et il se répandra sur toute la surface.

Le petit gibier

Le petit gibier et les mammifères peuvent être cuits en entier, mais il faut d'abord les vider. Pour faire cuire un gros oiseau, recouvrez-le d'abord de glaise. En retirant la glaise, vous enlèverez les plumes du même coup. Quand on fait bouillir le petit gibier, on a moins de pertes. Vous pouvez le farcir avec de la noix de coco, des baies, des grains, des oignons et des plantes vertes.

Le poisson

Vous pouvez faire rôtir le poisson sur un gril improvisé, fait de branches de bois vert ou le cuire enveloppé de feuilles et de glaise ou encore, le suspendre au-dessus du feu. Parce qu'ils contiennent des germes de maladies, tous les poissons et tous les aliments provenant d'eaux douces doivent être très bien cuits avant d'être consommés.

Les reptiles et les amphibies

Les grenouilles, les petits serpents et les lézards peuvent être rôtis au bout d'un bâton. Les gros serpents et les anguilles ont meilleur goût quand on les met à bouillir avant de les faire rôtir. Faites bouillir les tortues jusqu'à ce que la carapace se détache, puis coupez la viande que vous mélangerez avec des tubercules et des plantes pour obtenir une soupe. Les salamandres rôties sont comestibles. Écorchez et videz les grenouilles et les serpents avant de les faire cuire. Bien que la peau du serpent ne soit pas toxique, mieux vaut l'enlever. La viande n'en sera que meilleure.

Les crustacés

Afin d'en éliminer les germes infectieux et parce qu'ils se gâtent très vite, les crabes, les écrevisses, les langoustes, les
crevettes et les autres crustacés doivent être cuits immédiatement. Mieux vaut les faire bouillir vivants.

Les mollusques

Quant aux fruits de mer, vous pouvez les cuire à la vapeur ou au four ou encore, les mettre à bouillir dans leur coquille. Ajoutez des plantes et des tubercules.

Les insectes

Les insectes comme les sauterelles, les criquets, les larves, les termites et les fourmis pour ne nommer que ceux-là ont le double avantage d'être faciles à attraper et nourrissants. Frits ou rôtis, ils ont meilleur goût.

Les oeufs

Comestibles, quel que soit le stade de développement de l'embryon, les oeufs d'oiseaux et de tortues comptent parmi les aliments les plus sûrs. Lorsqu'ils sont cuits durs, on peut les garder en réserve durant plusieurs jours.

L'assaisonnement

On obtient du sel en faisant bouillir l'eau de mer. Les cendres de branches du palmier, du noyer blanc et de certaines autres plantes contiennent du sel qui se dissout dans l'eau. Il suffit de faire évaporer l'eau pour obtenir un sel à teinte foncée. L'acide citrique que renferment les limettes et les citrons peut servir à macérer les algues, le poisson et d'autres viandes. Pour ce faire, diluez deux parties de jus de fruit dans une partie d'eau. Laissez-y tremper le poisson ou la viande durant au moins une demi-journée

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