Retour au Sommaire


«Guide de survie familiale - La suite d’une situation classée verte»


J+5 EVALUATION DE LA SITUATION


Première constatation et préparation psychologique : 1 individu sur 4, soit 1,7 milliards, vit aujourd'hui comme nous vivions il y a 6000 ans, alors nous en sommes nous aussi capables.


Je ne suis pas un voyant. Quand, où, quelle ampleur et quelle serait la nature d’un évènement grave ou d’une catastrophe ? Combien y aurait-il de victimes ?


Notre famille serait-elle réunie ? Papa, maman, une ou nos deux filles peuvent être absentes de la maison. Pire, un ou plusieurs d’entre nous pourraient être morts ou blessé gravement. Pour ceux qui seraient à la maison,  ils ne doivent en aucune manière se mettre à la recherche de qui que ce soit. D’une personne perdue nous en aurions deux ou trois … Il faut que chacun garde la maison, “la base” est un espoir de survie pour ceux qui devraient revenir et se rassembler. La maison est le point de rassemblement.


Il faut parfois beaucoup de temps pour revenir chez soi dans le cadre d’une situation catastrophique : parfois plusieurs semaines (on peut avoir été arrêté), donc, pas de désespoir.


Pour ceux qui seraient à l’extérieur lors d’une catastrophe imprévisible, ils doivent d’abord réfléchir et évaluer la situation générale.


Immédiatement, quoi qu’il se passe, vous essayez de joindre la maison (très très vite). Attention, le temps de connexion peut être très limité. Vous devrez donner à la maison : prénom, situation géographique, état de santé. Vous écoutez les consignes: “rentrer à la maison”, attendre sur place ou à RDV convenu.


Exemple : “Petite soeur, école, bonne santé” et réponse : “Attendre voiture, dessus de la rue xxxxx, marcher vers la maison ou attendre dans un coin de maison”.


Si je ne peux pas communiquer, j’évalue ma situation :

- A combien de km suis-je de chez moi ? (en une heure on marche 2 km).

- Qu’y a-t-il comme risques immédiats ?

- Quels sont les moyens de transport encore disponibles ? (Bus, un vélo qui traîne, des véhicules qui vont dans ma direction …)

- Les réponses à ces questions vous permettront d’évaluer le temps (en heures, jours …) pour rejoindre la maison. Avant de se déplacer et en déplacement essayer d’avoir un récipient fermé avec de l’eau potable. Ne pas oublier de le remplir (pluie, robinet, magasin …).


Déplacement rapide (par exemple proche de la maison) : ne garder que ce qui est utile sur soi (on jette les cours, les produits de maquillage, les gadgets …).

Déplacement sur deux ou plusieurs jours : ne voyager que de nuit en étant attentif. Savoir vite se cacher (tous les habitants sont devenus des “zombies” dangereux). Ne pas hésiter à voler de la nourriture.


Ne ramener personne à la maison (le petit ami doit rejoindre sa famille) et ne faire aucune remarque sur la préparation ou les stocks de survie que j’ai effectués ! Vous ne devez aider aucune personne même un petit ami blessé : vous n’avez aucune formation et aucune expérience. Plus vous perdrez de temps et plus vite vous allez aussi mourir (comme lui d’ailleurs). Mieux vaut un mort que deux !


Vous verrez certainement des scènes horribles, des morts : accélérez et ne regardez pas. Si vous voyez des scènes de panique ou de pillage, éloignez-vous le plus vite possible mais dans le calme et sans courir (ne pas éveiller l’attention sur vous).


“Papa est réellement le seul à être entrainé à survivre ! Il est absent, blessé ou mort”.


Pas de panique, je serais toujours là : j’aurais été pour tous un imbécile qui s’est démené. Maman ou Anaëlle ou Shana : vous êtes capables de vous surpasser. Et j’ai pris la peine de rédiger ce petit guide. Faites que je sois fier de vous. Ne paniquez pas et restez unies.


La survie dans le temps reste un scénario peu probable. Mais personne ne connait le temps futur. Donc la survie se doit d'être étudiée.

- La survie de 1 à 15 jours devient un scénario classé “Vert”. Les moyens ordinaires (boissons, nourriture (frigo, congélateurs, …) seront suffisants si l’on n’est pas en fin de mois (proche du 20 du mois).

- La survie de 15 à 90 jours devient un scénario classé “Orange”. Les moyens que j’aurais préparés (sous-sol) devraient être suffisants pour survivre sans trop vous exposer.

- La survie après trois mois devient un scénario classé "Rouge" : Je n’aurais pas eu le temps ni les moyens de prévoir plus de 90 jours de réserves et d’eau pour quatre personnes. Cette situation demande une préparation particulière mais pas obligatoirement. Ce sera votre état d’esprit qui sera important. Et vous avez les trois premiers mois pour réfléchir, évaluer, discuter …


Restons optimistes, nous subissons beaucoup plus de scénarios d’une durée de moins de 15 jours (pannes d'électricité, coupures d'eau, accidents, incendies, tempêtes, inondations, panne de voiture…). En priorité, il faut se concentrer sur les systèmes permettant de survivre sur cette période “Verte”.


Il n’y a pas de préparation immédiate lors d’un incident. J’ai développé les moyens d'une manière graduelle et organisée par priorité en suivant une organisation du plus probable.


Il est plus probable que l’on subisse une coupure d'électricité pendant quelques heures qu'un tsunami. Il est plus probable que mes poubelles ne soient pas relevées pendant quelques jours que des extra-terrestres envahissent Liège. Il est plus probable que nous subissions une coupure d'eau qu'un changement climatique global.


La préparation au scénario “Rouge” est pourtant pertinente, il reste celui qui monopolise nos esprits. C’est non seulement dramatique, mais les conséquences sont d'une nature capable par exemple de favoriser la propagation de maladies telles que le choléra, l’insécurité tant physique que psychologique ...


Un scénario vert est tout à fait capable de se transformer en scénario orange, et le scénario orange en rouge. Le savoir-faire, et les moyens d'exprimer ce savoir-faire devient ici important.


1. Le Scénario « Vert »


Le scénario "vert" est d'une durée allant de 0 à 15 jours.


Ce scénario est de tensions courtes mais pouvant être très intenses. Si nous nous attardons sur l'étude de la probabilité quant à l'évaluation du risque, nous nous apercevons très vite que le scénario vert est celui que nous rencontrons le plus souvent.


Le scénario vert est par exemple la panne de courant. Quand bien même une rupture des réseaux électriques n'est généralement pas d'une nature dramatique car souvent de très courte durée, elle peut quand même avoir des effets important sur nos organisations. Ces coupures affectent une quantité impressionnante de systèmes comme les hôpitaux, les distributeurs d'argent, les pompes à essences et les transports en commun.


Le scénario vert est aussi de la survie provoquée par un événement naturel tel que l'inondation, le froid extrême, la canicule, et le tremblement de terre par exemple.


Il est nécessaire de concentrer les efforts sur la mise en place de moyens ayant pour but de minimiser l'impact de ce genre de situation sur notre famille.


Même pour une courte durée, l'organisation et la logistique mises en place par notre gouvernement pour les situations d'urgences ne sont que très limitées, et elles ne peuvent en aucun cas s'occuper et gérer une situation où des milliers voire des millions d'individus qui seraient en danger. 


La préparation s'organise autour d'une indépendance face à nos systèmes de supports allant jusqu'à 15 jours.


La situation d'urgence est souvent comme un accident de voiture. L'accident même est effectivement l'événement dramatique, mais le temps qui s'écoule entre l'événement même et le rétablissement complet de la victime est bien plus important.


N'oublions pas non plus une chose importante concernant les services d'urgences tels que les pompiers, les ambulanciers, les docteurs, les infirmiers, les policiers, les gendarmes, les opérateurs, les techniciens et que sais-je encore…c'est que tout ce personnel est humain. Cette évidence veut bien dire que ce personnel est lui aussi soumis à l'événement et l'après événement, que lui aussi se doit de se préoccuper de sa propre famille, et que dans une situation dramatique, ce personnel pourrait ne pas être disponible.


En plus du personnel d'urgence pouvant ne pas être au rendez-vous, c'est l’absence de papa, maman, une soeur qui occupe des rôles plus ou moins importants qui pourraient ne plus être de la partie. Ces rôles vont aussi du chauffeur de bus, du conducteur de métro, du technicien en laboratoire, du pharmacien, du boucher, du dentiste, de l'éboueur, du banquier, de l'électricien, du plombier, de l'ouvrier, du routier, du pompiste, de la caissière…


Qui s'occupe du bon fonctionnement de l'usine du traitement des eaux si 50%, 70%, 90% du personnel n'est plus présent ? Qui transporte et délivre la nourriture à nos supermarchés "Juste-à-temps", si la plupart des routiers s'occupent d'évacuer leurs propres familles ? Qui va défendre notre famille si les forces de l'ordre ont un effectif réduit et un ordre de mission autre que la protection du citoyen ?


Cette construction dressée sur la présence d'un personnel limité pour le bon fonctionnement de systèmes vitaux pour des milliers voire des millions de personnes, est une réalité découverte chaque semaine dans nos pays occidentaux.


Nous devons tous être capable de minimiser l'impact d'un scénario “Vert”. Nous devons ne pas devenir des victimes, mais des participants actifs et sereins. Nous devons tous avoir les moyens d'apporter des solutions au sein de notre famille.


Quel que soit l'événement, la solution est toujours de savoir pour combien de temps nous pouvons être de la solution, et non du problème. Puisque la solution est toujours l'indépendance, et puisque le futur est inconnu, il nous est inutile de tenter une voyance étroite et subjective.


L’objectif est de se donner les moyens d'être plus ou moins confortablement autonomes pendant 15 jours et de minimiser l'impact d'un événement quelconque pendant cette durée.


Cette organisation est encore et toujours de l'eau, de la nourriture, de l'abri, de l'énergie, du soin et de la protection. C'est ici l'univers de "s'abriter sur place".

Puisque nous nous limitons à une durée précise, la mise en place de nos propres systèmes de supports est facilement négociable. C'est par exemple 60 litres d'eau par personne, 15 jours de calories adaptées à notre métabolisme et 15 jours d'énergie adaptée à notre environnement.


"Se donner les moyens" n'est en aucun cas une promesse de réussite, mais bien une responsabilisation face à la réalité.


Dans une situation de survie, toutes nos connaissances, amis, voisins qui sont soudainement gouvernés par le manque, la peur, le besoin et la désespérance, risquent de mettre en danger notre propre famille.


L'autre aspect complémentaire de la préparation au scénario “Vert” est l'évacuation. Que nous soyons confrontés à un scénario “vert”, “orange” ou “rouge”, devoir évacuer notre lieu de résidence est toujours une possibilité qu'il nous faut planifier et préparer. Même si ce geste n'est pas idéal, surtout en famille, la présence de notre sac d'évacuation (Bug Out Bag) et d'un EDC (Every-Day-Carry) est une mise en place incontournable


2. Le Scénario « Orange »


Le scénario orange est d'un événement allant de 15 à 90 jours.


Ce genre de scénario est moins probable et moins courant que le scénario “Vert”, il est d'une suite logique dans la durée. Le scénario “Orange” doit nous amener à une gestion soutenable de nos besoins sur une durée plus conséquente. 


Pour une indépendance de 90 jours, le volume total et minimum d'eau potable requise par personne est à présent de 180 litres à raison de 2 litres par jour. Soit 720 litres pour notre famille (j’espère qu’en 90 jours, nous aurons de la pluie …). Mais la logistique sur 90 jours est difficilement abordable.


La préparation sur 3 mois devient alors, en plus d'une réserve d'eau potable d'au moins 15 jours (scénario “Vert”), la mise en place de moyens de récupérations, de transportations, de stockages, de filtrations et de purifications.


Un autre problème qui fait son apparition sur 90 jours est l'hygiène. Une hygiène douteuse sur 15 jours est sans doute acceptable, mais une durée de 3 mois sans nos systèmes de supports tels que l'eau courante, est tout de suite beaucoup plus complexe.


3 mois signifie aussi que nous devons prendre en compte l'hygiène féminine par exemple (les bandes hygiéniques). Quand bien même la plupart des femmes ont une petite réserve pouvant accommoder un scénario “Vert”, cette petite réserve ne sera pas suffisante pour accommoder un scénario orange. 


Les soins prennent ici une importance aux conséquences incontournables. Mon diabète par exemple, sans accès à un surplus de Metformax, serait tout simplement mortel.


La nourriture est ici aussi d'une préparation plus complexe. 90 jours sans accès à nos sources de nourriture habituelle, est par contre synonyme de tensions extrêmes, de gestes gouvernés par la désespérance.


La mise en place d'une indépendance calorique sur 90 jours, est à l'inverse de l'eau assez facile à obtenir si nous considérons des aliments adaptés.


Pâtes, riz, haricots, farine, sucre, sel, miel et boîtes de conserves, sont des exemples de sources caloriques adaptées à un scénario “Orange”. Une mise à jour quotidienne de la liste nos réserves est annexée à ce document.


J’ai aussi pensé aux besoins alimentaires de nos animaux domestiques, et de prévoir de la nourriture. Toutefois nos moyens sont insuffisants pour prévoir 90 jours pour le chien et les chats. 30 kg sont prévus pour le chien et 30 kg pour les chats (soit une ration de 300 gr par jour).


Les chats devront rester à l’extérieur pour survivre. Ce sont des chasseurs et la faim leur fera retrouver leur instinct naturel de survie. Il n’y aura plus de possibilité de bacs à chat en scénario “Orange” : impossible de stocker autant de gravier.


Quand bien même nos animaux domestiques pourraient ne pas avoir un rôle pertinent au sein d'une période difficile, ils sont, quoi qu'il arrive, notre responsabilité. 


La sécurité est elle aussi plus délicate, car la nature même d'un événement dramatique dans le temps est de l'accroissement continu des tensions inhérentes au manque. Le scénario “Orange” germe une morale basée sur le besoin.


Le vol et le pillage deviennent de plus en plus acceptables et normaux dans le temps. Cette normalisation du geste conflictuel et de la confrontation verbale et/ou physique demande une préparation axée sur la gestion efficace du conflit… Tant dans le retranchement que dans le mouvement.


La sécurité devient une constance au sein d'un scénario “Orange”. La différence est ici d'une psychologie complexe, due au fait que nous devons maintenant gérer notre famille et nos enfants dans le besoin.


Une relation particulière s'installe alors avec le monde, ou le "bien" et le "mal", le "bon" et le "méchant", le "haut" et le "bas" devient extrêmement complexes et paradoxaux.


La boussole familiale est ici primordiale et l'infusion de personnalités, de regards, de rôles et de philosophies influenceront la direction du groupe, et sa survie au sein d'un univers prédateur.


Pour ce qui est de l'énergie, le scénario “Orange” doit être d'un rapport qui s'aligne à l'économie d'énergie. La durée dicte une approche énergétique soutenable dans le temps.


Le scénario “Orange” s'aligne avec l'utilisation d'énergies renouvelables ou "lentes" (faibles mais continues).


Les lampes torches par exemple, sont parfaitement adaptées à un événement de courte durée, mais elles doivent, soumises à un événement de longue durée, être d'une utilisation secondaire ou d'urgence. Les lampes à pétrole ou l'énergie solaire, sont ici des méthodes bien plus adaptées.


La régulation de la température, la préparation des repas, le traitement de l'eau et l'éclairage, doivent recevoir une attention particulière sur 90 jours. Le citadin est ici d'un désavantage certain comparé aux populations rurales, et la course à l'énergie sera déterminante au coeur de notre ville. Nous avons un stock de ressources mais qui sera très convoité.


Un élément faisant aussi son apparition sur 90 jours est le troc.

Cette relation économique est ici d'un rôle important, et la mise en place de préparations anticipant le troc est d'un avantage certain pour la survie.


Les produits de consommation tels que les allumettes, les piles électriques, l'essence et le pétrole, les munitions, les médicaments, les produits hygiéniques, le fil de fer, les lampes torches, les bougies, les mèches de lampes à pétrole, les sacs plastiques, les tuyaux de jardin, le papier toilette seront de bonnes monnaies d’échanges.


En plus d'outils et de matériel divers, la nourriture devrait aussi être préparée dans un esprit de troc. Farine, huile, sel, riz, pâtes, boites de conserves, lait déshydraté et miel sont sans doute des produits intéressants quant au troc.


Au final, la préparation au scénario “Orange” nous voit adopter une approche de la survie qui se construit sur des systèmes soutenables.


Cette anticipation de l'autre est primordiale, car si une constance s'installe sur 90 jours, c'est la constance de la rencontre. Cette rencontre peut être celle de la coopération, comme elle peut être celle du conflit.  Dans les deux cas, il nous faut être prêts à gérer cette situation.


Si la rencontre est de la coopération, il nous reste à gérer ce que cette coopération implique d'un point de vue logistique. La nature de la coopération va d'un simple échange d'informations, à l'intégration complète au sein du clan.


Quand bien même le simple échange d'informations n'est pas d'une logistique lourde, la logistique de l'intégration est une affaire délicate et complexe.


3. Gestion de la nourriture


Scénario “Vert”


La nourriture est prête à la consommation. On consomme en priorité les denrées du frigo (entre 24 et 48 heures). Puis la nourriture des congélateurs et enfin la nourriture en cours de consommation (les pots ouverts et les réserves de la cuisine du haut).  Des aliments directement accessibles et consommables.


On n’oublie pas les risques d’infections : après que chaque délai de conservation soit dépassé, on vide frigo et congélateurs dans des sacs poubelles que l’on place dans les rigoles du trottoir ainsi que le container à ordure. Attention de placer les ordures le plus loin des fenêtres : risques d’odeurs, insectes, bactéries, rats et souris.


Attention de ne pas tout jeter : au frigo, les oeufs, les berlingots de crème fraîche … ne conservent pas obligatoirement dans un frigo (se rappeler du stockage au magasin). De même, cuire deux à trois jours de viande la conservera après sa décongélation.

Economisez les moyens d’énergie de cuisson au maximum (on peut passer du vert à l’orange). Utilisez le barbecue dès qu’il ne pleut pas (à placer près de la porte arrière pour la sécurité). Pour les boissons chaudes : cuire l’eau en une seule fois et mettre dans les thermos.


Scénario “Orange”


La nourriture se compose d'aliments de la réserve de la cave, mais commence à être restreinte en rations et à une bonne gestion du stock. On va devoir préparer des aliments comme la farine, les animaux de petites tailles (Insectes, pigeons, rats, poules, lapins…), la nourriture récupérée et la cueillette de produits directement accessibles et courants (jardins et arbres fruitiers) … Plus vous utiliserez de ressources extérieures et plus vous prolongerez vos réserves.

Attention toute sortie du périmètre de la maison devient un énorme risque. Après 15 jours, peu de personnes disposeront encore de quoi manger ou boire. Tout individu peut être “un ennemi” (je pense par exemple à Robert et sa femme ou à Marina (sa fille et petite fille) les voisins directs …)


Scénario “Rouge”


Toute nourriture devient ici rare et de grande valeur, elle va s'épuiser. L'apport calorique dépend alors de la connaissance tel que la cueillette de plantes sauvages, la chasse (vous avez des pièges), la pêche (il y a un kit), et l'agriculture (pensez au jardin).

Cette alimentation est une organisation de gestes que vous avez complètement oubliés (et moi aussi). La chasse et la pêche sont du savoir-faire (mais le forgeron apprend en forgeant). L’important pour survivre au-delà de trois mois sera de créer de bonnes alliances et de profiter des connaissances de chacun. De toute façon, il n’y aura plus de nourriture à voler !


Au sein d'un scénario rouge, la possibilité de devoir envisager une migration est assez importante. Les paramètres de cette migration reposent entre autre sur les conditions et la nature de l'événement dramatique. Raison de ne surtout pas entamer les réserves des sacs à dos d’évacuation.


4. Gestion de l’eau


Vous aurez trois sources d’eau :


- l’eau potable stockée en bouteilles (à boire et préparation des repas).

- l’eau stockée dans une citerne (300 litres, hygiène)

- l’eau de pluie récupération (vous disposez “d’un kit maison” à installer dans la chambre de visite de la cuisine cave (un morceau de tuyau propre à placer avec un bassin). Avant de récupérer cette eau, si possible, laissez un peu d’eau de pluie ruisseler à l’égout (qui nettoiera les tuyaux de décharge) et vérifiez que toutes les crottes de chien aient été ramassées. L’eau de pluie sera stockée dans la citerne au fur et à mesure du remplissage du bassin).

- l’eau “d’urgence” : il y a 100 litres d’eau dans le chauffe eau et toute l’eau contenue dans le circuit de chauffage (purgez et traitez).



Pour rendre l’eau potable :

- Tamisez avec un tissus propre si l’eau est trouble.

- 12 mg de javel (2 gouttes) par litre et par an (laissez évaporer pendant 20 minutes pour éviter un mauvais goût).

- Faire bouillir l’eau mais vous userez de l’énergie sauf en hiver ( la bouilloire sur le foyer).

- Vous disposez dans vos sacs d’évacuation de comprimés permettant de purifier 1 litre d’eau par comprimé.


Scénario “Vert”


Les stocks d’eau potable et citerne devraient être suffisants pour cette période. Ceci n’empêche  pas la récupération de l’eau (ou de la neige). Lorsque la température le permet : sortir nu sous la pluie, se savonner dans le patio et ressortir se rincer.


Dès que les ressources sont pleines et qu’il pleut toujours, ne pas hésiter à laver du linge et des objets directement à la source (chambre de visite).


Scénario “Orange”


Si les stocks ont été bien rationnés et la récupération (avec la désinfection à la Javel) effectuée, les stocks devraient être suffisants à condition d’être encore plus rigoureux.

En cas “d’urgence”, utiliser les stocks d’eau restante dans le circuit de chauffage ;


Scénario “Rouge”


La sphère de l'eau au sein d'un scénario rouge est de la récupération, du transport, d'une filtration primitive et de l'ébullition. Nos filtrages sont ici épuisés (mais j’ai constitué un grand stock de javel). Il vous reste les méthodes de filtrations primitives et l'ébullition.

Rendre l'eau potable efficacement demande une casserole d’un minimum de 2 litres. Construisez un feu et faites bouillir. Utiliser un combustible rare (gaz, charbon, pétrole …) pour un rendement inférieur à 2 litres d'eau potable est un gâchis.


Le Jerrycan de 20 litres reste un des 10 outils les plus utilisés par les pros de la survie long terme. 


5. Gestion de l’énergie


Pour l’éclairage, vous disposez de deux lampes au pétrole (essayez de n’en utiliser qu’une seule). Vous avez deux bidons de 20 litres de pétrole. Vous disposez de bougies. Gardez la lampe de poche pour un usage immédiat ou urgent.


Deux bouteilles de gaz serviront uniquement aux repas et pour purifier l’eau. On préfère la cuisson vapeur.


Il y a l’utilisation du barbecue mais attention aux odeurs de nourriture (les “zombies” seront au RDV). Il y a aussi le poêle à bois en hiver.


Pour le chauffage, rien de tel que des vêtements chauds … et le poêle à bois qui sera utilisé principalement à l’étage (les caves doivent apparaître comme … des caves). Vivez plutôt au RDC : un bon point pour monter la garde et se défendre si nécessaire.


Pour le bois : ne pas hésiter à utiliser tout ce qui brûle (le bois de récupération partout où il y en a, y compris les portes intérieures qui ne servent pas). Il y aura aussi les livres mais il faudra faire des essais mélange papier/bois/briquettes. Beaucoup de papier étouffe le feu et peu de papier ne tient pas le feu).


6. Gestion de la sécurité


La sécurité est une organisation des forces et des moyens. Il est impossible de maintenir une sécurité lourde tout en étant soumis à un retour du travail à la main, sans un nombre important d'individus pouvant assurer différents rôles.


Dans la survie, on parle de milieu urbain et de milieu rural. Notre situation se trouve entre ces deux modes de situations géographiques (pas sur un grand axe, pas près de commerces, pas isolés en milieu rural et une entrée qui n’est pas à rue).


Cependant, si nous prenons l'effondrement de l'URSS comme exemple de scénario rouge, le milieu urbain a dans ce cas été beaucoup moins touché que le milieu rural. Dans les villes, les services de transports en commun ont continué de rouler, et les systèmes de supports, même si inconsistants ont continué de fonctionner.


Le milieu rural a lui été soumis à des tensions extrêmes telles que des coupures d'eau massives et l'effondrement total du maintien des routes et des systèmes de supports.


Si le milieu urbain est d'une sécurité complexe, le milieu rural est d'une transportation et d'un isolement difficile.


Dans les deux cas, le travail reste d'une indépendance et d'une adaptabilité infléchissante face à l'événement, mais surtout aux conséquences de cet événement.


Scénario “Vert”


Restez discret. Volets rue baissés. Bloquer le portail avec la voiture (ne pas oublier d’enlever la batterie, vidanger le réservoir d’essence et mettre des cales).

Ne pas répondre à des cris, voire des ordres des forces de l’ordre (le plus souvent, ce seront des usurpateurs). L’uniforme ne fait pas la fonction.

Evitez tout rapport de force : se montrer au bord de la folie et du désespoir : vous n’avez plus rien.

Cacher vos armes sous vos vêtements, soyez habillés de vêtements faisant “pauvres”. Criez que vous avez faim et soif. Que vous avez été attaqués et que vous n’ouvrez plus à personne.

Soyez le meilleur acteur possible.


Les autres membres prennent leur position respective. Ils ne se montrent qu’en dernier recours. En cas de nécessité extrême : tirez en l’air une fois. Les autres membres montrent à ce moment là leurs armes sans ouvrir le feu. A un signal, ils hurlent “Halte ou je tire”.


Emplacements : celui qui parle “l’aîné, le chef” se place à l’entrée de la porte du RDC. Il se découvre peu et crie fort pour être compris. Si la famille est au complet : Patrick, porte RDC. Muriel, dans la cour cachée derrière le mur près de la porte du couloir, Shana, fenêtre de la loggia et Anaëlle fenêtre de sa chambre au premier.

Prévoir de quoi rapidement bloquer les deux portes d’entrée et celle de l’accès aux caves.


On peut aussi simuler un groupe plus nombreux en confectionnant des mannequins que l’on allonge en retrait du portail.


On peut utiliser des fusées d’artifice comme des roquettes avec des tubes en plastique.


Il y a aussi la confection de “cocktails Mollotof” avec l’essence récupérée dans la voiture.


Scénario “Orange »


Le scénario orange peut  inviter la collaboration et le retour à la réciprocité. Mais attention les alliances d’aujourd’hui peuvent se retourner contre vous demain (tous vos secrets seront mis à jour).


Scénario “Rouge”


Le scénario rouge est complètement imprévisible quant à son impact sur nos organisations sociales.


Lorsqu’il reste peu ou rien, et ce sera le cas pour tous ceux qui seront encore vivants, des alliances seront obligatoires pour survivre et se protéger.


Retour au Sommaire